
Après notre descente du ferry à Douvres, nous voilà partis pour documenter le début et l’héritage de la première révolution industrielle qui est née au Royaume-Uni. Nous photographierons aussi bien sûr tout ce qui nous frappera sur place et tout ce que nous pourrons voir de son histoire, de sa vie agricole, énergétique, sociale, culturelle. C’est ainsi que nous avions procédé, déjà, pour la première étape de notre tour d’Europe dans la péninsule ibérique.
Arrivant de Calais, nous allons sur le port des gardes-côtes de Douvres où sont amarrés les bateaux de sauvetage. Nous souhaitons faire le lien avec les tentes (vus en France, de l’autre côté) des migrants qui attendent avant d’essayer de traverser la Manche sur de petites embarcations.
En parlant de bateau, après le château d’eau de Margate, le Chantier Naval Historique de Chatham sera le deuxième lieu que nous recommande ERIH (Route Européenne de l’Héritage Industriel) qui va nous servir de guide au cours de ce périple.
Nous resterons une seule journée à Londres, car il était trop cher pour nous d’y loger, même au camping !
Un vent de face nous ayant interdit de nous diriger vers les Cornouailles, nous longeons la côte Est et profitons de l’exotisme de l’île : des plages et leurs jetées typiques (Southend Pier, Southwold) qui datent de l’ère victorienne.
Ce n’est évidemment pas la région des grands sites industriels que nous trouverons davantage dans les terres, vers le Pays Noir, Birmingham, Newcastle et au Pays de Galles… Mais nous commençons déjà à voir à East Tilbury, la ville modèle de Bata (un des plus grands fabricants et vendeurs de chaussures au monde), des inventeurs et pionniers de la technologie (Marconi, Crompton, Christy Brothers) au musée de Chelmsford, un énorme moteur à vapeur à triple expansion dans le musée de l’Énergie, toujours à Chelmsford…
Dans ces musées, nous trouvons souvent des volontaires passionnés et fiers de ce passé industriel et nos hôtes aussi sont souvent intéressés par notre projet documentaire.
Cette première étape peut être considérée comme une entrée en matière de tout le travail que nous réaliserons durant plusieurs mois outre-Manche. Le fil directeur étant la première révolution industrielle, du début à son apogée et jusqu’à la désindustrialisation que connaît le pays de nos jours. Ceci, alors qu’est discutée la notion d’anthropocène et que les effets du changement climatiques sont déjà bien visibles, comme il en sera question dans la prochaine galerie que nous mettrons en ligne.