UK : Sur la route de l’héritage industriel #3

– Le 1er pont en fer du monde que tout le monde nous recommande de voir depuis notre arrivée dans le pays. Pièce maîtresse du Musée « The Ironbridge Gorge Museum Trust ». Telford, Shropshire, Angleterre. Royaume-Uni – 22 Août 2024.

Cette quinzaine, nous vous présentons la troisième partie (3/6) de notre reportage réalisé en 2024, sur la route de la première révolution industrielle au Royaume-Uni.

Figure ici, entre autres, les photographies prises dans le Black Country Living Museum (Musée Vivant du Pays Noir, non loin de Birmingham), au Iron Bridge Museum (premier haut-fourneau à coke et premier pont métallique de l’histoire), au Shrewsbury Flaxmill Maltings (premier building de l’histoire), à Derby (première usine de l’histoire), et enfin à Stock-on-Trent et alentours dans des musées de poteries et dans une mine de charbon. Tout ce reportage, hautement historique donc, est à voir ici. Bon visionnage !

Durant cette dernière quinzaine s’est produit un fait inédit qui sûrement fera date. On veut parler de la divulgation forcée (le 30 janvier 2026) des fichiers Epstein par l’administration Trump (Département de la Justice) après que le Congrès américain ait approuvé à la quasi-unanimité une proposition de loi (Epstein Files Transparency Act, le 19 novembre 2025) pour rendre public son dossier sur le criminel Jeffrey Epstein.

Un moteur de recherche a même été mis en ligne. On peut ainsi avoir accès à plus de 3 millions de pages, 2 000 vidéos, 180 000 photos, dont beaucoup de documents ont été excessivement « caviardés » comme il est dit souvent (parties censurées par des caches noirs, alors qu’à l’inverse on n’a pas protégé l’anonymat de nombreuses victimes) concernant cette sinistre affaire de pédo-criminalité et de corruption touchant des puissants de ce monde.

Déjà des premières répercussions en Europe, touchant des secteurs culturels, diplomatiques, financiers et politiques en France, en Norvège en Slovaquie et au Royaume-Uni allant jusqu’à déstabiliser le Premier Ministre travailliste, Keir Starmer, par le biais de son ex-ambassadeur Peter Mandelson (soupçonné d’avoir transmis des informations financières sensibles au pédocriminel Jeffrey Epstein).

Pour l’instant, nous n’avons pas été consulter cette montagne de fichiers nauséabonds qui inondent la toile et on pense qu’on ne le fera pas non plus dans l’avenir. Il reste encore 3 millions de documents (photos, mails, vidéos…) qui n’ont pas été divulgués pour le moment. Notre curiosité à des limites…

Nous avons vu que de très bons journalistes s’en sont peu à peu emparés et on leur fait confiance pour la recherche méthodique et l’analyse sérieuse des faits dans ce tentaculaire dossier hors-norme qui pourrait avoir de multiples répercussions, avec des conséquences plus ou moins constructives sur nos vies démocratiques déjà abondamment discutées.

Autre fait marquant de ce début de mois, en lien cette fois direct avec tout le travail de documentation que l’on a réalisé ces dernières années, c’est l’abrogation par Donald Trump ce jeudi 12 février, d’un texte capital (le « constat de mise en danger » : « Endangerment finding ») dans la lutte contre le dérèglement climatique. Un texte datant de Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, explique ici : «il s’agira du plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine », assurant qu’il permettrait aux Américains de faire des économies. À la fin de cet article de presse, on peut lire que des organisations environnementales vont évidemment contester, qu’une longue bataille judiciaire devrait s’engager et qu’il se peut que l’affaire remonte jusqu’à la Cour suprême. Bien entendu on suivra avec attention tout cela.

Terminons avec l’histoire de Porto Rico et de sa star de reggaeton, Bad Bunny. Une série musicale radio en deux épisodes passionnants (ici et ) retrace l’histoire de l’île, de sa relation avec les États-Unis et de sa musique. Nous l’avons écoutée tout en triant nos innombrables dossiers de photos du Rhin avant de regarder sa prestation le 8 février à la mi-temps du Super Bowl, un des shows les plus scrutés de l’histoire de la finale de cette compétition de football américain.

Bien entendu, il a livré un spectacle hautement symbolique et politique en l’absence de Donald Trump qui a ostensiblement boudé l’événement. En général, nous ne sommes pas très fans de ces grandes chorégraphies en musique mais, à l’instar de la prestation de Kendrick Lamar l’an dernier, nous l’avons regardée avec curiosité.

Bonne quinzaine à vous,

Hélène et Thomas

PS : Il y a quinze jours, nous avions mis en post-scriptum le lien d’une vidéo du chercheur Arnaud Miranda présentant son livre (Les Lumières sombres : comprendre la pensée néoréactionnaire aux éditions Gallimard) et le lien du premier épisode du podcast Lignes de Force animé par Marc Weitzmann (écrivain, journaliste) sur l’histoire politique de l’Iran et la répression que subit son peuple. Le deuxième épisode de cette émission les réunit pour parler de ce livre. Si vous avez manqué le premier épisode, le deuxième est ici.

– Louise Tassin, une chercheuse, postdoctorante au Centre européen de sociologie et de science politique présente son livre Comme on les enferme. Dans les centres de rétention, de Paris à Lampedusa, sur les Centres de Rétention Administrative (CRA).Ici, une interview en version courte et , une autre en version longue.

– Johann Chapoutot, Professeur d’Histoire contemporaine à Sorbonne Université, est interviewé ici à la radio sur son entretien intitulé « Est-il possible de rapprocher Trump de l’ordre nazi ? » donné à la revue le Grand Continent (que vous pouvez lire là).

L’interview vidéo de Stéphane Foucart, journaliste scientifique (souvent mentionné dans ce blog) du journal Le Monde sur « la fabrique du doute » sur les questions climatiques et sur les pesticides.

– Une interview vidéo de Camille Peugny (professeur de sociologie à l’université Versailles-Saint-Quentin) titrée : La construction sociale de l’égoïsme, à l’occasion de la sortie de son dernier livre Le triomphe des égoïsmes.

Une interview dans la presse du climatologue Davide Faranda (directeur de recherche CNRS au laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement de l’université Paris-Saclay) qui « explique le lien entre l’intensité de ces phénomènes et le changement climatique » au moment où l’Europe est frappée par des tempêtes, des pluies torrentielles et des inondations.