Petites chaises pliantes et lectures studieuses. Les premiers achats, équipement avant notre futur départ pour l’Italie. Tarn, Occitanie. France –30 Avril 2026.
Bonjour,
Cette quinzaine a été plutôt stressante. Elle avait pourtant bien commencé avec la récupération des deux livres que nous avions commandés à notre librairie préférée, la réception des deux petites chaises Helinox de voyage ultra légères (elles pèsent moins de 500 grammes chacune) dont nous rêvions depuis des années (les prix étaient jusqu’alors prohibitifs) et la visite à Sergio (notre ami informaticien montalbanais souvent mentionné), qui nous a installé des logiciels sur un nouveau PC reconditionné, acheté en ligne pour remplacer le Mac Mini de Toto hors d’âge puisque datant de 2010.
Seulement, moins d’une semaine après, le passage d’un poste à l’autre ne s’est pas passé comme une lettre à la poste ! On a même craint dimanche 26 (quand un disque externe ne répondait plus) d’avoir perdu une bonne partie du travail réalisé ces derniers mois dans le tri et l’organisation des photos rhénanes.
Bon, on vous passe les détails des difficultés de tout ordre rencontrées (les plus grosses étant des disfonctionnements de connectique usb et hdmi) qui nous ont donné des sueurs froides. Y repenser nous met encore la boule au ventre. Bref, des aventures dont nous nous serions bien passés. Heureusement, Sergio a gardé la tête claire ; et si quelques photos d’archives non choisies ont effectivement disparu, ce n’est pas la catastrophe un temps redoutée. Encore et toujours, un grand Merci à lui ! Le matériel a été retourné à la boutique et normalement elle devrait le remplacer. Ce ne sera donc qu’une perte de temps et d’énergie au final.
Le livre présenté à droite est celui de Thierry Tchukriel. Il est consacré à la Bataille de Sivens que nous avions documentée à l’époque (voir ici) et à toute la genèse de ce projet de barrage datant de plusieurs décennies. Bien entendu nous l’avons attaqué aussitôt et on vous le conseille vivement (un livre qui ouvre avec des citations de Elisée Reclus et de Marc Bloch ne peut être que bon !), que vous ayez vécu de loin ou en direct les événements de 2014 / 2015 ou que vous soyez passés à côté.
Ce travail d’enquête et d’analyse est une somme importante qui revient très précisément sur toute cette histoire marquante qui a entraîné la mort du jeune naturaliste de 21 ans, Rémi Fraise. C’est aussi un témoignage et une réflexion sur le métier de journaliste de terrain ; Mr Tchukriel œuvrait pour le journal Le Tarn Libre lorsque nous avons fait sa connaissance au moment de Sivens. Page 254, l’auteur (que l’on découvre aussi avec plaisir au fil des pages) parle positivement de Toto et de sa démarche. On ne va pas le citer afin de vous donner une raison de plus d’acheter et de lire le bouquin ! Vous pouvez le commander ici. Et vous trouverez là une conférence qu’il a donnée en 2024, juste au moment de la sortie du livre.
Le second (à la couverture spécialement réalisée par l’artiste espagnol, Joan Miró) est une nouvelle édition du magnifique ouvrage de HCB sur l’Europe et surtout sur Les Européens paru en 1955. Ici et là vous trouverez des informations sur le livre et la Fondation Henri Cartier-Bresson à l’origine de ce projet. Si vous êtes à Paris, attention, l’expo se termine le 3 mai. À la fin du siècle dernier, quand Toto a commencé à se passionner pour la photographie, immanquablement il a trouvé à la bibliothèque les livres de ce maître. La biographie de Jean Assouline (L’œil du siècle), sortie à peu près à ce moment-là, l’avait aussi particulièrement intéressé.
On pense que parfois, pour ne pas perdre la flamme ou se perdre tout court dans un monde d’accélération permanente, il est important de revenir à la source de ses influences. C’est notre kiff du moment : tourner chaque jour 3 ou 4 pages différentes de cet ouvrage essentiel dans l’histoire de la photographie, tout comme celui de Robert Franck, Les Américains datant de 1958 (que nous avons prévu de relire dans la foulée, si jamais on le retrouve dans tous ces foutus cartons de déménagement).
Parmi d’autres références anciennes qui font parler d’elles en ce moment il y a 3 musiciens, deux Français et un Californien. Ceux qui ont connu Toto ado savent que CharlÉlie Couture (tout comme Jacques Higelin) l’a beaucoup marqué avec ses albums sortis sur le label Island Records. Le grand frère d’un grand ami avait les disques vinyles et une des premières cassettes que Toto avait choisie sur un présentoir tourniquet (peut-être était-ce la première achetée ?), au magasin Prisunic d’Albi, fut celle de l’album Solo Boy.
Il y a peu, CharlÉlie a sorti l’album Projet Bleu Vert, y reprenant en duo ses chansons sur le thème de l’écologie extraites de sa discographie. Les bénéfices s’il y en a (compte tenu de la situation de l’industrie du disque) seront reversés entièrement à France Nature Environnement, la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement. Elle est la porte-parole d’un mouvement de 6 000 associations, présentes sur tout le territoire français, dans l’hexagone et les Outre-mer. (À noter que Thierry Tchukriel, lui aussi, fera un don à l’association à chaque exemplaire de son livre vendu).
Ici et là vous trouverez le nouveau disque et une interview radiophonique de l’artiste « multiste » pluridisciplinaire retraçant sa carrière dans les domaines de la musique, la photographie, la peinture, l’écriture, etc. Pour découvrir un peu le projet, on vous conseille en lien avec Sivens cette chanson.
Le deuxième musicien, lui aussi découvert par l’intermédiaire de ce grand ami et son grand frère est Gérard Manset. Ce dernier également a obsédé le Toto pas mal d’années, notamment avec ses disques des années 80 comme Matrice, Lumières ou Prisonnier de l’inutile. Il y a peut-être plus d’un mois, nous vous annoncions la sortie prochaine de son nouvel album : Je ne veux pas. Le voici maintenant. Ici, vous trouverez une rare interview radio (donnée récemment par l’octogénaire) qui revient sur son parcours artistique et là, une critique musicale.
Le troisième musicien, Tom Waits (découvert de la même façon que les deux précédents), nous a fait la surprise il y a une dizaine de jours de la sortie d’un nouveau morceau réalisé avec Massive Attack, le célèbre groupe de Bristol formé à la fin des années 80.
Cela nous manquait de ne pas avoir des nouvelles depuis longtemps : son dernier album, Bad as me, date de 2011. Et nous sommes très contents de l’entendre, même si le thème du morceau Boots on the ground ne nous fait pas danser de joie. Il colle cependant très bien à l’actualité du moment dont on fera l’impasse cette fois-ci, à moins que vous vouliez que l’on vous parle des extraterrestres, de la nouvelle tentative d’assassinat sur Donald Trump (survenue au dîner de gala annuel organisé par l’association des journalistes accrédités à la Maison-Blanche), du rapport Alloncle sur l’audiovisuel public français ou de l’affaire Grasset ! On a mis le texte du nouveau titre à la fin du post pour ceux qui veulent suivre.
Ici vous trouverez la chanson Boots on the ground avec un diaporama de photos, et là une émission de radio retraçant en une heure seulement son immense carrière. On a lu il y a peu qu’à la fin du mois de mai sortira Where the Willow and the Dogwood Grow, une compilation de reprises par des fans tels que Bruce Springsteen, Norah Jones, Johnny Cash et Marianne Faithfull.
Pour finir, toujours en musique et avec ces mêmes artistes, 3 chansons plus ou moins fantasmées, lucides ou réalistes (ayant comme source d’inspiration le thème battu et rebattu dans tous les arts : La Route) que nous fredonnons parfois sur nos vélos (enfin les deux premières, pour la dernière c’est plus dur !).
CharlÉlie : La route (Oui mais Kerouac est mort) – 1982
Manset : Y’a une route – 1975
Tom Waits : On the road – 2006 (Là encore, vous trouverez les paroles de la chanson à la fin du post)
Bon premier mai et une bonne quinzaine à vous,
Hélène et Thomas
PS : – Une conversation avec Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales sur la paix dans le monde et dans l’histoire intitulée : « De la Pax Romana à la Pax Americana : une histoire fragile de la paix ». Pour continuer sur ce thème, Camille Bayet, doctorante en science politique, nous parle ici de l’ONU de nos jours « fragilisée par les crises politiques et budgétaires ».
– Un podcast de l’émission Lignes de Force de Marc Weitzmann intitulée : « Guerre en Iran : et si Trump savait ce qu’il faisait ? ».
– Une émission radio sur la situation de Venise confrontée à la montée des eaux et un article de magazine qui concerne Rome, où une nouvelle ligne de métro cohabite avec des vestiges antiques.
– Une émission avec Charles Thibout (maître de conférences) sur la situation de Google en France, portant comme titre : « Comment Google est-elle devenue une entreprise d’influence en France ? ».
– Une émission radio avec la doctorante en histoire de la photographie Anna Grumbach qui revient sur la photographie française dans les années 70 intitulée : « ‘Nouvelle photographie’ française : à la rencontre d’une génération de photographes oubliés ». Une publication de l’agence Magnum en hommage au grand photographe indien Raghu Rai, mort ce 26 avril.
– Une interview radio avec Baptiste Morizot et Laurent Neyret sur le droit, la philosophie et l’habitabilité de la terre, cette semaine où la France a franchi son jour de dépassement (le 24 avril) comme on peut le lire ici.
– Une interview radio de l’écrivain Kamel Daoud qui vient d’être condamné à 3 ans de prison en Algérie.
– Une émission radio qui nous informe sur la situation au Mali où « la junte militaire au pouvoir est en état de siège ».
Le texte de la chanson Boots on the ground :
Big legs dangle from a helicopter hole
Big chug rhythm, gotta be now ho!
Brown, mean and young, dumb and full of cum
What can you use a Marine for?
This is a fucking ass machine gun war
With your boots on the ground, boots on the ground
Boots on the ground, boots on the ground
We trim your hedges, we fight your wars
Wait in the trenches and we’re fucked ’til we’re sore
With boots on the ground, boots on the ground
Born shiny bullets in an army of ants
Blow that horn, we sleep in our pants
Big titties, big titties
Well we holler and we burn down cities
Boots on the ground, boots on the ground
Shootin’ up the town by stayin’ in the holе ’til Jimmy Hoffa is found
With my boots on the ground
Well, something goеs tink when the cartridge is spent
Where do you think all your cartilage went?
Boots on the ground, boots on the ground
Now who the hell are these federal pricks?
Hiding in the Senate like a bloated-ass tick
Air-conditioned fuckstick loafers
Sittin’ in a room full of army posters
A coal to a diamond, a vote into law
They campaign up all the blood they can draw
Mold your world, a soldier’s just clay
How much does every soldier weigh?
Cut you at the ankles and they throw that ass away
Boots on the ground
Cold and hot as Satan’s hoof
Spinning on the world, I’m hiding on a roof
I kill a brown man I never ass knew
Choked on spit and then he turned blue
He spouted black blood, he rolled Fin out
He died right there, I got the pearl from his snout
A puff of gray smoke, the tongue of a cloud
He rotted in the sand and all that they found was his boots on the ground
Boots on the ground, boots on the ground
All that they found was his boots on the ground, boots on the ground
La chanson de Tom Waits On the road, dont les paroles avaient été écrites par Jack Kerouac :
I left New York
In nineteen forty-nine
To go across the country
Without a dad-blamed dime
Montana in the cold, cold fall
Found my father in a gambling hall
Father father
Where have you been
I’ve been out in the world
Since I was only ten
Father father
Where have you been
I’ve been out in the world
Since I was only ten
Don’t worry about me
About to die of pleurisy
Cross the Mississippi
Cross the Tennessee
Cross the Niobrara
Home I’ll never be
Home in old Medora
Home in ol’ Truckee
Apalachicola
Home I’ll never be
For better or for worse
Or thick and thin
Like being married to the little woman
God he loves me
Like I love him
I want you to do
Just the same for him
Well the worms eat away
But the worrywarts will win
So I left Montana
On an old freight train
The night my father died
In the cold, cold rain
Road to Opelousas
Road to Wounded Knee
Road to Ogallala
Home I’ll never be
Road to Oklahoma
Road to El Cajon
Road to old Tehatchapi
Road to San Antone
Hey hey
Road to Opelousas
Road to Wounded Knee
Road to Ogallala
Home I’ll never be
Road to Oklahoma
Road to El Cajon
Road to old Tehatchapi
Road to San Antone
Home I’ll never be