
Voici la cinquième partie de notre reportage sur la Première Révolution Industrielle et son héritage réalisé en 2024 au Royaume-Uni. Elle se concentre sur le nord-est de l’Angleterre et le sud de l’Écosse. Bien que nous aurions bien aimé profiter davantage des paysages naturels écossais, nous ne sommes pas montés plus haut car il s’y trouve très peu de lieux d’héritage industriel. Et puis nous étions aussi pressés par le temps. Nous étions déjà en octobre, et nous souhaitions encore faire une boucle en Irlande du Nord et au Pays de Galles avant de rentrer en France, alors qu’il commençait déjà à faire froid.
Dans le nord de l’Angleterre, nous avons visité « Beamish, le Musée Vivant du Nord », un peu le frère jumeau du Black Country Living Museum près de Birmingham. Pareillement ici, ce n’est pas un lieu d’origine (village ou mine), on y a transféré et fait des reconstitutions de sites, équipements-machines et bâtiments et le succès est aussi au rendez-vous. Comme nous le lisons dans le document (déjà cité dans les précédentes parties) : Paysages et territoires du patrimoine industriel au Royaume-Uni, « Cette réussite montre que le patrimoine industriel est ici réellement une question d’identité locale plus que d’authenticité ». Une identité locale, lisons-nous encore : « se définissant en contrepoint de la réussite tertiaire du grand Sud-Est autour de Londres ».
Nous avons aussi été invités à assister à une manifestation avec port de bannières de mineurs (comme dans le film de Ken Loach : The Old Oak). C’était à Seaham, pour la parade lors du « Seaham Miners Day (Journée des Mineurs à Seaham) », à l’occasion spéciale de la 40e Année de la Commémoration de la Grève des Mineurs de 1984-1985. Une grève longue et dure qui s’était heurtée à l’inflexibilité du Premier ministre de l’époque, Margareth Thatcher.
En Écosse, après être arrivés à Édimbourg, nous avons roulé vers Glasgow en suivant le canal ; très lentement, car Thomas avait des douleurs au niveau des tendons du genou qui nous ont fait craindre un temps la venue d’une énième tendinite. Là, nous ne nous sommes pas attardés car nous avions déjà passé 15 jours dans cette ville durant la COP26 en 2021 (vous pouvez voir le reportage réalisé alors ici). Un Toxic Tour (visites guidées de sites fortement pollués ou industrialisés) organisé pour cette occasion nous avait appris que Glasgow, en plus d’héberger les plus grands chantiers navals du monde vers 1900 avait produit une partie de sa richesse dès le XVIIIe grâce au commerce du tabac, puis du sucre et du coton, commerce lui-même rendu possible avec la traite négrière et l’esclavage (là encore source de profits, tout comme à Liverpool).
Enfin, sur la route qui nous a amenés vers le ferry pour Belfast, nous avons été très intéressés par la manufacture de coton de New Lanark. New Lanark, représentative des premières villes-usines du début du XIXe siècle, appelée aussi village-modèle. Les ouvriers y sont mieux logés avec proximité de soins, d’éducation et de loisirs. Son concepteur, Robert Owen souhaitait créer une société idéale pour les ouvriers « espérant ainsi les responsabiliser, les motiver et augmenter leur productivité » nous dit le document Paysages et territoires du patrimoine industriel au Royaume-Uni cité précédemment.
Comme le charbon, le coton a été un élément essentiel de la révolution industrielle dans le pays et même son premier moteur. Le Royaume-Uni, puissance textile reconnue mondialement a vu la révolution industrielle britannique débuter avec l’industrie textile du coton.