De Pontechianale

Hélène dans les derniers mètres du Col Agnel qui culmine à 2 744 mètres. Département des Hautes-Alpes. France – 30 Juin 2026.

Hélène passe la frontière franco-italienne au niveau du Col Agnel, deuxième plus haut col routier des Alpes françaises après le col de l’Iseran. Département des Hautes-Alpes. France – 30 Juin 2026.

Buongiorno,

Stiamo in Italia !

Dans les Alpes italiennes exactement, tout près de l’équivalent, nous a-ton dit, du Mont Blanc pour les Italiens : le Mont Viso (3 842 m) où le fleuve Pô prend sa source à 2 022 mètres. 

Après demain, nous devrions être en mesure de prendre une photo du lieu de naissance du fleuve à Pian Del Re sur la commune de Crissolo. Ensuite, il est prévu de descendre ce grand fleuve (le plus long du pays – 652 km) jusqu’à son embouchure dans l’Adriatique. Turin sera la première halte d’importance.

Des aventures et des découvertes en perspective, petites ou grandes, que bien sûr nous tâcherons de vous raconter.

Pour la partie française que l’on pourrait qualifier de prologue à notre virée de cette année, on gardera sûrement en mémoire :

– Les températures caniculaires, dès le jour du départ de notre camp de base tarnais, le jeudi 18 juin. C’est pénible bien sûr de rouler par ces chaleurs mais nous préférons toujours cela au froid. Pour nous, il est bien plus facile d’oublier la fournaise ou du moins d’en faire abstraction que les frimas. 

Là où c’est le plus coton, c’est à l’arrêt, quand il faut tenter de faire une image correcte alors qu’on est depuis un bon moment en plein cagnard à guetter la chance du photographe. Le niveau de concentration et de patience baisse, c’est indéniable.

Pour l’instant, c’est sans conséquence puisque le travail de documentation ne débutera vraiment que le long du fleuve.

Aussi, tant que nous sommes dans les Alpes il n’y aura pas de problème : les températures sont moindres et les nuits plus fraîches (hier au petit matin il faisait 9 °C) aident à la récupération. Mais par la suite, si cela dure, dans la plaine du Pô et plus encore dans son delta, il faudra que l’on prenne sur nous, si on veut ramener quelques photos dignes d’intérêt.

– La gentillesse des gens. Nous l’avons déjà mentionnée mais elle nous surprend toujours. Cela n’a pas toujours été le cas. À nos débuts, il y a 25 ans, on nous prenait bien plus souvent pour des voleurs de poules que de nos jours où les voyageurs de notre espèce ont bien plus la cote. 

Nous avons par le passé fourni quelques tentatives d’explications, pas la peine de se répéter. Seulement parler, pour laisser une trace, de la très sympathique famille sur les hauteurs de Saint-Affrique, de Jean-Jacques et Dominique qui nous ont ouvert gratuitement leur gîte tenu au cordeau, de Xavier, Camille et leurs enfants nos professeurs de Kommoot (l’application de navigation pour les cyclistes), des très sportives Monique et Catherine, de la belle piscine au pied du mont Ventoux, de Larissa et Pascal qui nous ont passé « Pô, le roman d’un fleuve) le livre de Paolo Rumiz, du magnifique spot (près d’une ferme cultivant lavande et plantes aromatiques) pour poser notre tente avec source naturelle pas loin du col de Mévouillon, des deux frères et leur Maman qui plumaient des poulets, d’une journée d’anniversaire du fils d’une famille avec pour Hélène aussi gâteau, bougies, cadeau (savon artisanal à la lavande) et dégustation de génépi fait maison avec de merveilleux hôtes WarmShower pas loin du lac de Serre-Ponçon.

– La beauté de certains paysages dans le Parc naturel régional des Causses, les Causses et Cévennes, la Drôme provençale, les Gorges d’Ubrieux et de la Méouge, le Parc naturel régional des Baronnies provençales, le Parc national des Écrins. 

À 3 ou 4 reprises, nous avons trouvé sur la route des panneaux indiquant que les lieux que nous traversions étaient inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Pour terminer ce post sommaire (la fatigue se fait sentir), on vous soumet une carte qu’un ami montalbanais nous a fait passer. 

Capture d’écran d’une carte montrant différents trajets de croisades, sur le site de l’encyclopédie interactive : templiers.org. 30 Juin 2026.

Elle montre les routes que les croisés empruntaient au 11e siècle (pour plus de détails, ici vous trouverez le site dont elle est issue). Et visiblement, nous allons rouler dans les semaines et mois qui viennent sur le chemin emprunté par Raymond de Toulouse (celui au milieu en pointillé).

Bien qu’Albigeois, nous ne nous sommes jamais considérés comme des croisés (ou alors des croisés sans croisade !). Mais s’il fallait absolument choisir une cause de notre temps, vu que l’on se rend à Antalya (en Turquie) pour documenter une énième COP (la 31e), on pourrait pour l’occasion barder nos valeureuses bicyclettes de drapeaux, pancartes, autocollants et autres pins portant haut et fort des messages de justice climatique. 

Seulement nos caractères ne nous y poussent pas, peut-être que certains se diront (ce que l’on peut comprendre) : dommage ! tant le sujet est grave.

Quoique, à la réflexion, il ne faudrait peut-être pas insister beaucoup pour motiver Hélène. Nous revient à l’esprit qu’il y a 25 ans, lors de notre premier grand voyage aller-retour vers l’Inde, elle avait traversé le continent européen (de la Finlande à la maison) avec le drapeau tibétain (Free Tibet !) cousu sur sa sacoche frontale ! Drapeau qui lui avait été donné à Dharamsala, lieu de résidence en Inde du Dalaï-lama.

Buone due settimane !

Elena e Tommaso