De Balossa Bigli

Parmi les surprises de ces derniers jours :

– Depuis que nous voyageons, c’est la première fois que nous avons la permission de déplier notre tente dans une église. Piémont. Italie – 12 Juillet 2026.

– Une promenade en barque sur le fleuve avec Angelo Bosio, « l’imperatore del Po ». Valenza. Piémont. Italie – 13 Juillet 2026.

Salve, 

C’est à chaque fois un peu compliqué pour nous d’aller photographier la source d’un fleuve car elles sont toujours plus ou moins dans les montagnes. Pourtant c’est là que commencent où se terminent beaucoup de nos reportages ces dernières années. 

Pour la source du Douro en Espagne, nous avions bien souffert du froid, d’une pluie incessante et même neigeuse, du brouillard et d’un chemin caillouteux et glissant (voir à la date du 28 octobre 2023 sur ce blog).

Ici nous avons eu plus de chance. Voici comment nous avons débuté notre parcours vers la source du fleuve Pô au pied du Mont Viso (le Roi des pierres, nous disent les locaux).

La veille au matin, chez Bruna et Franco, nous avons bien fait le plein d’énergie au petit déjeuner avec une succession de cafés serrés pour Toto et des confitures maison.

Avant de les quitter, nous avons pris le temps de photographier nos hôtes d’un soir en pleine récolte de patates avec un tracteur Ferrari (rien à voir avec la marque de voitures nous précisera plus tard un passionné d’automobiles et de tracteurs).  

Nous sommes même grimpés jusqu’à Balma Boves, des maisons sous une roche qu’ils nous avaient recommandés de voir avec un musée sur la vie quotidienne d’avant. L’occasion de rencontrer Sabrina, une guide très enthousiaste avec un bandeau jaune fluo au nom latin du Monviso nous dit-elle : Vesulus.

Ayant comme objectif Pian del Ré (lieu de la source du fleuve) à plus de 2 000 mètres d’altitude, nous avons prévu de passer d’abord la nuit à Crissolo. Ainsi nous serions plus frais pour attaquer l’ascension. 

En cours de route, nous prenons en photo une autre ancienne maison typique et ses propriétaires (Sergio et son épouse qui, nous apprendrons plus tard, est le cousin de Bruna), puis le fleuve Pô à Paesana, et indiquée par Franco la centrale électrique Monviso de Calcinere et ses deux tubes qui descendent de la montagne. 

Résultat, c’est presque à 19 heures que nous atteignons Crissolo, ville pour les alpinistes dit le panneau avec sa station de ski Seggiovia (fermée cet hiver non pas par manque de neige mais pour des problèmes administratifs nous a-t-on dit). Énormément d’appartements, pas de camping, juste un parking pour les camping-cars bien entendu interdit aux tentes et beaucoup de caméras de surveillance. Pratiquement tout le trajet était en côtes, nous sommes épuisés et affamés, pas de chalet, pas de jardin, c’est la galère.

Un couple en bleu turquoise et rose fuschia qui nous voient tourner en cherchant une solution nous conseillent à la sortie de Crissolo le lieu dit La Plage (La Spiaggia), au bord du Pô. 

Une fois sur place, nous les y retrouvons puisqu’ils sont en balade vespérale. C’est un lieu public et nous leur demandons s’ils ne connaissent pas un endroit près d’une maison où nous aurions la permission de planter notre tente (car il est stipulé partout que camper n’est pas une chose à faire sur la commune). Eux-mêmes auraient-ils un jardin ? Eh bien oui, et ils nous proposent de les suivre jusque chez eux. 

Il y a effectivement comme un petit pré où le voisin est en train d’essayer d’attraper ses poules qui se sont échappées. Nous l’aidons un peu et nous commençons à calculer comment nous installer alors que nos hôtes d’un soir, Silvano et Fiorella, conciliabulent. 

Pas la peine de déplier la tente nous proposent-ils, si nous sommes d’accord ils ont un appartement libre à l’étage. Très reconnaissants, nous montons notre barda. Ils sont impressionnés par tout ce que peut porter un vélo !

Nous parlons de notre projet du lendemain, le dernier tronçon jusqu’à Pian del Ré. Un peu comme les coureurs du Tour de France avant un contre la montre, Silvano nous invite à aller faire un repérage en voiture, « Come volete (Comme vous voulez) » est une expression qui revient très souvent chez lui ainsi que « Porca Miseria ».

Ça grimpe, ça vire, il y a un petit tronçon un peu plat, nous repérons une cascade, beaucoup de gens se promènent encore dans le jour qui tombe (il y aura foule demain dimanche nous prévient notre nouveau coach), les prairies font place à la roche et voici le Monviso.

Réveil mis à 4 heures le lendemain. À 5 heure 30, après un déjeuner très copieux (assiettes d’avoine, bananes, plus myrtilles fraîches et confiture de cerises données par la Donna Bruna), nous voilà lancés, piano piano, dans les premiers lacets qui montent à Pian della Regina puis à Pian del Ré.

Si nous avons décollé au lever du soleil ou presque c’est que nous savions que pour avoir une photo claire du mont Viso (haut de 3 841 mètres, il vaut mieux la faire aux premières heures du jour. Plus tard, bien souvent des nuages viennent s’y accrocher. 

Bref, grâce à l’aide de nos hôtes de Crissolo nous avons pu réussir notre coup. Les photos réalisées sur place comme celles des randonneurs du dimanche remplissant leurs gourdes à la source du Pô nous seront utiles et Toto a pu même aller à pied au plus près d’un des 3 lacs d’altitude sur les hauteurs, le Lago Fiorenza. 

La suite du périple jusqu’à maintenant s’est plutôt bien déroulée malgré de fortes températures (43 °C était affiché par une pharmacie turinoise), l’humidité de l’air et les satanés zanzare (moustiques).

Comme nous le disions dans le post précédent, ce n’est pas tout de faire du vélo (le 9 juillet nous avons passé les premiers 1 000 km de ce nouveau périple), de trouver un spot le soir pour notre valeureuse tente, il faut aussi prendre des photos et de préférence de qualité. Mais on prend sur nous en essayant de faire de notre mieux. Difficile tout de même d’avoir la niaque plutôt que la cagne par ces temps caniculaires ! 

Pour les amis étrangers qui aiment suivre les nouvelles françaises, en dehors de l’actualité de la condamnée / candidate Marine Le Pen, la nouvelle canicule et les incendies font la une de la presse. Aussi, comme à chaque fois, beaucoup de spécialistes sont aussitôt réquisitionnés par les plateaux télé, entre autres. Ils tentent inlassablement de faire passer leurs savoirs en dépit des attaques notamment sur les réseaux sociaux.

Voici un billet de blog du journaliste Sylvestre Huet qui nous a paru assez juste. Son titre : « Mésinformation climatique, qui est responsable ? ».

Une bonne quinzaine à vous,

Hélène et Thomas