De Nikšić

– Route longeant la Trebišnjica après Trebinje. Devant, le genre de montagne qu’il va nous falloir escalader avant la frontière avec le Monténégro. Bosnie-Herzégovine, au sud-est de la république serbe de Bosnie – 29 Septembre 2026.

– Point de vue sur le lac « Slano jezero » et au fond, au pied des montagnes, la ville de Nikšič. Monténégro – 30 Septembre 2026. 

Dobar dan,

Peut-être il y en a parmi vous qui se sont demandés ce que nous allions raconter cette fois. 

Et bien pas grand chose de spécial. Pas de « Titanic de la Sava », pas de récit qu’on espérerait captivant comme celui de notre fuite de Bolivie en 2020 dont on nous reparle de temps en temps.

Le voyage s’est poursuivi plutôt tranquillement et c’est tant mieux !

Bien entendu, il y a eu des temps forts comme les photos faites de Jasmina dans le cimetière de Srebrenica ou des moments amusants avec nos hôtes du soir. 

Encore un grand Merci à Biljana et Aleksander, Sladjan, Jelena et Ljiljana, Zoran et Dragana, Jasmina et Mujo, Majda et Ibran, Miladine et Vesna, Edo, Zineta, Almina, Alain, Samir et Emina, Hajrudin, Selma et Haira, Djana, Vera, Iljan et Vasilije, Eman et Mehmet, Marinko, Melisa, Osman, Sandin et Zerina, Jasmin, Vefada et Kemal, Mladen, Zora, Bojan, Dean et Olja, Bojana et Ivan, Ana et Goran, Malda et Gaio, et exceptionnellement pour un déjeuner offert à midi : Aleksandar, Vesna, Anastasia et Jelena.

Pratiquement tout de suite après avoir fini de suivre la Sava lorsqu’elle se jette dans le Danube à Belgrade, nous avons quitté la Serbie. La route était plutôt plane. Une bonne chose pour refaire un peu “de jus” alors que nous avons dépassé les 4 000 kilomètres au compteur.

Attention cependant aux chiens errants qui peuvent débouler n’importe quand et nous courir après avec des intentions agressives assez manifestes. Le risque le plus important étant, dans la surprise, de faire dévier la trajectoire du vélo et de se retrouver, par exemple, face à un 36 tonnes !

En chemin vers la Bosnie, nous avons fait un arrêt par Gornje Nedeljice dont nous avions appris par la presse (lire ici) qu’un mouvement s’y activait contre le projet d’une mine de lithium porté par la firme Rio Tinto. Une façon de donner une suite à notre travail dans le salar d’Atacama au Chili (voir ici).

À Sarajevo, en plus de la visite de la vieille ville, nous avons fait le tour de la capitale à la recherche d’un soudeur disponible pour réparer le porte-bagage en aluminium du vélo d’Hélène. Ce dernier avait fini par céder sous le poids du gros sac jaune qu’elle s’obstinait à charger, le rendant de plus en plus pesant. Au final, on a dégoté un porte-bagage d’occasion quasi identique dans un tout petit magasin de réparation de cycles (les gros magasins de vélos n’en avaient pas en stock). Résultat : 30 km à tourner partout et une journée de perdue sur notre chemin vers Antalya.

À Mostar, nous avons bien sûr été voir le vieux pont sur la Neretva. C’est un symbole de la ville et aussi un des symboles des guerres qui ont ravagé la région à la fin du siècle dernier. Apparemment tout semble s’être normalisé. Dans les ruelles il y a autant de monde qu’à Venise, on y déguste des glaces, boit des bières et on y écoute Bobby Marley !

Si on prend quelques précautions, c’est qu’il nous apparaît que beaucoup de choses ne sont pas clarifiées dans encore pas mal de têtes. Nous suivrons attentivement les résultats des élections législatives anticipées en Serbie du 25 octobre. Ici, vous pouvez regarder ce sujet d’infos qui résume bien le contexte dans lequel elles vont se dérouler.

Ah ! les plus attentifs d’entre vous ont probablement noté que l’itinéraire que nous venons de décrire n’est pas le même que celui annoncé il y a 15 jours (rivières Drina puis Tara).

La décision de faire varier notre route s’est faite en plusieurs temps dans le but de s’économiser de l’énergie, d’éviter en partie du mauvais temps, de visiter les deux grandes villes de Bosnie et de passer un peu plus de temps en Herzégovine.

Maintenant, nous devrions reprendre le cours de notre plan initial : rouler vers les capitales du Monténégro et d’Albanie puis se rendre à l’embouchure de la Vjosa. C’est le prochain fleuve que nous voulons découvrir durant ce périple. Il a la particularité d’être le dernier sauvage en Europe. Mais nous vous en parlerons sûrement plus dans 15 jours.

Ensuite, viendra le moment de faire des choix douloureux quand à la suite.

En fonction du temps qu’il nous restera jusqu’au début de la COP 31 d’Antalya, nous déciderons quelle est la meilleure route à prendre.

Il y a un peu plus d’une semaine, nous avons rencontré Felipo, un Italien de Padova (Padoue) qui roulait à fond vers Belgrade (il essayait de rattraper un camarade qui avait pris de l’avance) avec, à l’arrière de son vélo (un Surly comme celui de Toto), un grand drapeau. Dessus, on pouvait voir en gros le logo de la COP31 Bike Ride : « Le plus grand relais vélo au monde, pour le climat. De Belém, Brésil à Antalya, Turquie », comme on peut le lire aussi sur leur site officiel.

Ce qui nous a fait marrer c’est qu’à ce moment-là, nous, nous roulions totalement à l’opposé, vers Sarajevo et l’Adriatique. On s’est dit alors que ce n’était pas gagné … et qu’un jour, peut-être, nous arriverions à être dans le move !

Blague à part, en général nous parcourons autour de 80 % de l’itinéraire fixé au départ. Il est possible que cette année nous soyons plutôt en deçà. Ce qui n’est pas très grave en soit, mais ça pourrait indiquer que peut-être nous prenons de l’âge.

Pour 2027, si on y pense, on prendra en compte cet aspect au moment de dessiner à gros traits la nouvelle étape du tour d’Europe que nous avons entrepris depuis 2022.

Une bonne quinzaine à vous !

Jelena i Tomaš

PS – À côté de l’histoire de ce roman (C’était ça ou mourir) soupçonné d’avoir été écrit avec de l’IA (lire ici), voici un des articles qui a attiré notre attention ces derniers jours. Cela parle d’écrit et de lecture profonde. Le parallèle avec l’image et la photographie nous paraît évident. Enfin sur le même thème, là vous trouverez une émission radio (avec William Marx, professeur au Collège de France, se demandant : « L’IA signe-t-elle la fin de la littérature ? ») qui a elle aussi fortement intéressé les petits blogueurs confirmés que nous sommes (plus de 4 ans maintenant que nous publions bimensuellement des posts !).

– Souvent dans ce blog, nous avons relayé l’actualité Muratienne. Nous pourrions le faire également pour d’autres artistes que nous aimons, mais c’est vrai qu’il nous manque et nous regrettons que son œuvre ne soit pas plus largement connue. Récemment est sorti chez Seghers un recueil de ses textes intitulé « Une orgie de sainteté » avec une préface de Yannick Haenel et une postface d’Éric Reinhardt. Aussi, dans le nouvel album de Florent Marchet vous trouverez la chanson « Orcival ». Elle évoque l’univers poétique de Jean-Louis Murat et sa disparition brutale. Vous pouvez l’écouter ici.

– Pour les lecteurs étrangers qui s’intéressent aux informations françaises vous trouverez ici, là, là, là et là des articles sur des révélations par le journal en ligne Médiapart d’écrits antisémites attribués à Jordan Bardella (président du RN et possible premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles), la situation économique de la France qui voit sa dette s’envoler, des Français qui perdent du pouvoir d’achat, le mouvement de blocus des lycées qui s’étend et, dans tout le pays, la reprise des Marches pour le climat que nous avons grandement documentées par le passé.